Penjing & Figurines











La structure des branches.
Les penjing de Lingnan comportent peu de branches. Chacune d’elles représente un mini arbre. Dans l’état naturel, en générale, les branches des arbres ont plus ou moins un volume en 3-dimensions. Elles sont rarement plates et horizontales par rapport au tronc principal que l’on voit souvent dans le penjing de Suzhou ou le bonsai japonais.
De plus, les branches du style de Lingnan sont abruptes ou angulaires par l’application continuelle de la méthode « grow&clip», alors que les branches issues du ligaturage et du haubanage donnent les formes plus arrondies au niveau des lignes. La taille sélective et répétitive favorisent une ramification plus dense ce qui crée un contraste intéressant pour les arbres caducs en hiver.
Concernant la partie structurale, la forme des troncs des penjing de Lingnan est plus coriace et porte de nombreuses cicatrices laissées volontairement par le « grow&clip» avec le temps. Les racines sont plus exposées au niveau du sol. Ces arbres sont souvent illustrés dans la peinture des Song (Chine, 960-1279).
Lingnan(嶺南) correspond à une vaste zone, située au sud des cinq montagnes,
qui couvre la région de Canton et Hongkong jusqu’au nord du Vietnam. Grâce à
l’ouverture sur le monde par ses ports commerciaux, Lingnan fait
référence aussi à une culture, qui comprend l’architecture, la peinture,
poterie, l’opéra cantonais, le penjing formé dans le style de Lingnan…etc.
Le penjing du sud de Lingnan : le « Grow&clip»
Le terme « Grow&clip», laisser pousser et tailler est bien familier pour les passionnés de bonsai. Ce n’est pas seulement une méthode, qui consiste à remplacer le ligaturage dans la formation des bonsai, souvent vu dans la littérature.
Mais c’est l’ensemble des techniques de Penjing de l’école de Lingnan, développées par quatre experts, aux alentours de la période de Qing (Chine, 1644-1911), qui ont basé leur observation sur des arbres, notamment les arbres à fleurs (pruniers, cognassiers …) de la peinture ancienne.
Les oeuvres issues de Lingnan ne sont pas encadrées par les règles techniques strictes, et styles précis. L’artiste exprime davantage sa spontanéité dans la création des arbres.
Généralement, les penjing de Lingnan ont les points communs par rapport aux bonsai en ce qui concerne la proportion, l’harmonie de l’ensemble de l’arbre et la bonne santé de du sujet. Mais les différences résident au niveau de l’importance de la partie structurale des branches, du tronc, du temps de formation et de l’utilisation des objets d’accent (figurines).

La méthode « clip&grow »
Contrairement au Nord, le Sud de la Chine est fortement dominé par un climat subtropical, doux et humide en hiver, chaud et pluvieux en été.
Cette méthode est appliquée aux arbres à croissance rapide de la région subtropicale, de genres (Serrisa. Coramona, Ficus, Segerethia…), tropicale, de genres (Ficus, Bougainvillier…) et tempérée, de genres (Prunus, Ulmus, Zelkova…).
Le «grow&clip» peut être utilisé pour les conifères de genres (Pinus, Juniperus, Podocarpus…) ; à cause de leur croissance lente, cette technique demande une patience plus grande.

Les objets d’accent :
Les bonsai suggèrent souvent une image d’arbres au bord d’un lac ou un paysage rencontré qui inspire l’artiste. Les figurines, très présentes dans les penjing chinois, servent en effet, à accentuer l’échelle de l’immensité de la nature et à marquer la coté vivant de la scène évoquée.
Le temps de formation.
Lorsque les techniques de ligaturage ne sont pas utilisées. La formation d’un penjing du style de Lingnan est très longue et demande plus une dizaine d’années de travail pour avoir un sujet à peu près correct. Avec la méthode laisser pousser et tailler du « grow&clip», les maîtres de Lingnan arrivent à former des arbres exemplaires.
Les bonsai du style Lingnan restent encore peu connus et quasiment absents dans la littérature occidentale. Il existe rarement de nurseries commerciales en Asie, qui soient jugées non rentables au niveau du temps.
Seuls, les collectionneurs forment leurs propres arbres avec le temps. Les méthodes de penjing de Lingnan sont pratiquées au sud de la Chine (la région de Yunan, Canton, Hongkong…) et au Vietnam. Dans le passé mes grands parents utilisaient ces techniques pour enrichir leur jardin de penjing.
La difficulté du «grow&clip» est d’optimiser la croissance rigoureuse de l’arbre et de canaliser les éléments nutritifs au niveau des branches sélectionnées. En outre, le contrôle de la direction est assez particulièr afin d’obtenir la forme souhaitée dans le temps.

Bref, les penjing de Lingnan sont strictement obtenus par le «grow&clip». L’artiste n’impose pas et ne contrôle pas la forme par le ligaturage. Seules la spontanéité et la taille sélective permettent d’accentuer et de révéler les traits sauvage et naturel de l’arbre.
Les arbres de Lingnan sont souvent exposés avant l’apparition des feuilles afin de mettre en valeur l’esthétisme des branches, des troncs et des racines. Ils sont aussi défoliés en été afin d’avoir un feuillage plus régulière et une ramification plus dense à l ‘ensemble de la composition. Cet effet est souvent appelé par les connaisseurs la « sobriété des moines ».
Le «grow&clip» constitue une des méthodes utilisées dans l’art du Bonsai pour obtenir les chef-d’oeuvres spectaculaires.
Cette formation en cascade est obtenue uniquement par la taille selective au fil du temps.